SLOW LIFE

Comment devenir végétarien ? | Réflexion personnelle et déclencheurs

Comment devenir végétarien ? Beaucoup se pose la question en cette période de grande remise en question « écologique ». Ca à l’air simple comme ça, mais quand vient le moment de passer à la pratique, c’est tout de suite plus compliqué. Surtout si on veut tenir dans la durée.
Pourquoi ? Parce que devenir végétarien est le résultat d’une grande réflexion psychologique et personnelle. Pour ma part, il m’a fallu environ un an pour être prête à renoncer à des aliments que je mangeais au quotidien. Ce n’est pas qu’une question de volonté. Il faut savoir pourquoi on on prend cette décision, surtout dans les débuts.

C’est une question qui m’a souvent été posée et je trouve intéressant de raconter ce qu’il s’est passé dans ma tête pour comprendre comment je suis devenue végétarienne. J’espère que mon retour d’expérience t’apporteras des réponses à ce sujet, ou peut-être même, te donnera l’envie de sauter le pas.

Avant que tu lises cet article, je tiens à préciser que ce récit relate ma propre expérience et mes propres réflexions, en aucun cas je ne blâme ni ne pointe du doigt les personnes qui interviennent dans ce récit, ni ceux qui mangent de la viande.

Amie des bêtes depuis très longtemps…

Grande amoureuse de la nature et de ses habitants depuis mon plus jeune âge, il ne m’était pourtant jamais venu à l’esprit de devenir végétarienne un jour. Petite, je passais mon temps libre à récupérer les pots en verre de Nutella, faire des trous dans le couvercle pour fabriquer une maison à l’heureux élu qui habitait dans mon jardin : chenille, escargot, coccinelle, sauterelle…
Je piquais de la salade fraîche dans le frigo pour les nourrir, je leur faisais un bon petit nid douillet avec des feuilles, de la mousse et des branches ! Et pas question qu’ils dorment dehors, dans ma chambre c’était tellement mieux ! (puis, ma maman passait par là, ravie de voir quels nouveaux amis j’avais apporté dans ma chambre. Du coup, le bocal finissait dehors au bord de la fenêtre).

Et puis, j’ai grandi, avec toujours le même amour pour la nature et les animaux en ayant le rêve ultime de devenir un jour vétérinaire. En parallèle de tout ça, je mangeais de la viande ou du poisson tous les jours sans me poser aucune question. A cet époque pour moi, l’un n’avait aucun rapport avec l’autre. C’est d’ailleurs le cas pour la majeur partie des gens. Dans mon cas, il m’aura fallu attendre 25 ans et un voyage à l’autre bout du monde pour que le déclic se fasse dans ma tête. Bien sûr, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain.
Mais le voyage aide beaucoup à te remettre en question et prendre conscience de ce qui t’entoure.

Premier déclencheur :
il faut tuer un animal pour avoir de la viande dans son assiette

Premier déclic. En septembre 2016, nous arrivons en Australie, pays faisant partie des 10 plus gros consommateurs de viande par habitant. Le barbecue est roi toute l’année et fait partie intégrante de la culture australienne.

Deux mois après notre arrivée, nous rencontrons Jamie, un jeune agriculteur voisin de celui pour lequel nous travaillions. Il vit en haut d’une colline, dans une petite maison en pierre. Jamie est le propriétaire d’une petite ferme bio avec quelques bovins et terres agricoles. Sa chérie est végétarienne et lui mange très peu de viande. Le peu qu’il consomme, ce sont ses propres bêtes qu’il tue lui-même : « Parce qu’au moins, je suis sûr de la qualité de la viande et que ces bêtes auront été bien traitées de leur naissance à leur mort ».
A cet instant, je me souviens avoir ressenti un profond respect pour ce mec. S’il voulait de la viande, il devait tuer l’animal, point. Moi, j’en serais incapable (sauf cas extrême peut-être).

Si on devait tous tuer un animal pour manger de la viande, beaucoup seraient végétarien depuis longtemps. Mais nous, on préfère laisser la sale tâche de la « mise à mort » à quelqu’un d’autre. Et on paye pour ça !
Acheter dans un supermarché un bout de viande déjà prêt est tellement facile qu’on ne fait même plus le lien entre la viande que l’on mange et l’animal qui nous la fourni. Sous nos yeux, pas d’abattage, pas de sang, pas de cri, pas de bête qui se débat… juste une barquette de viande prête à être consommer. Tout est fait pour que personne ne se pose ce genre de questions : dans quelles conditions cette bête est-elle morte ? l’a-t-on bien traité juste avant de mourir ? a-t-elle eu une belle vie ?

Cette conversation avec Jamie a enclenché chez moi des questions auxquelles je n’avais jamais vraiment pensé. Le premier déclic s’est fait ce jour-là.

Deuxième déclencheur :
Voir le rapprochement entre l’animal tué et son assiette

Nous sommes à présent en Indonésie. Ma consommation de viande s’est déjà bien réduite ! Parce que là-bas, on n’est jamais très sûr de ce qu’on à comme viande dans nos assiettes (ceux qui y sont déjà allés saurons de quoi je parle). Plusieurs fois, le soi-disant goût de « bœuf » ou de « volaille » nous a interpellé. Et nous étions pile poil dans les polémiques de « viande de chien » servi en douce à Bali. Alors j’ai préféré me rabattre sur les plats végétariens, très présents en Asie !

Un jour, à côté d’un temple que nous venons de visiter, il y avait des petits restos. Nous marchons en direction de notre scooter quand des petits cris attirent mon attention. Devant l’un des restos, il y a une femme assise par terre avec, à sa droite, de grandes cloches en osier renfermant des dizaines de poussins. A sa gauche, une immense casserole. Devant elle, une planche et dans sa main, un couteau. J’ai vite compris de quoi j’allais être témoin. Je suis restée là, immobile, à regarder cette femme décapiter des poussins à la vitesse de la lumière. Même après deux ans, la scène est encore bien présente dans ma mémoire.

Les jours qui ont suivi, je me répétais souvent : « Si j’étais entrée dans ce resto pour manger un plat avec de la volaille, j’aurais retrouvé ces poussins dans mon assiette ». Cette scène horrible s’était passé devant mes yeux et m’avait dégoûté. C’était ça la réalité pour avoir de la viande dans son assiette. Le second déclic, et je pense le plus important, est arrivé ce jour-là.

Troisième déclencheur :
l’incohérence entre mes pensées et mes actes

La troisième prise de conscience s’est passé au Laos. Nous étions dans un petit village reculé et nous avions loué un petit bungalow sur pilotis. L’endroit était superbe: petites cascades, forêt tropical, petites routes entourées de maisons typiques. Un coin de paradis, encore protégé du tourisme de masse. Un matin, je me suis posée sur notre « balcon » pour admirer ce magnifique paysage qui m’entourait : la truie des voisins se promenait sous notre bungalow avec ses 8 petits marcassins, une famille de canards traversait le jardin, une vache et son veau se baladaient tranquillement sur la route… Ces animaux appartenaient tous à quelqu’un et vivaient en totale liberté. J’étais face à une parfaite harmonie entre l’homme et la nature. Je me sentais tellement à ma place.

Face à cette scène, je me suis tout à coup sentie incohérente et stupide. J’affirmais avec fierté aimer les animaux et d’un autre côté je mangeais sans état d’âme des êtres vivants que j’adorais observer, caresser, photographier…

Ce kangourou que j’ai caressé en Australie, je l’ai eu dans mon assiette. Cette truie que j’ai trouvé adorable avec ses marcassins, je l’ai eu dans mon assiette. Ce veau et sa mère que j’ai photographié sur la route, je les ai eu dans mon assiette. Pourtant, en les voyant en liberté, je serais la première à les défendre pour qu’ils restent en vie.
Bilan : j’étais incapable de tuer ma propre viande, voir des poussins se faire décapiter me choquait, je me revendiquais défenseuse de la nature et du bien-être animal MAIS je mangeais chaque jour de la viande sortie tout droit d’abattoirs !

Le moment de passer à l’action : comment devenir végétarien ?

Cette incohérence entre mes pensées et mes actes me dérangeait de plus en plus. Je ne pensais plus qu’à ça. Dés que je voyais un saucisson, une pièce de bœuf, un steak haché…j’imaginais ces animaux avant qu’ils ne finissent en simple morceau de viande, qu’on hésite pas à jeter à la poubelle quand on est rassasié.

En rentrant en France quelques mois plus tard, j’ai décidé de changer de style de vie, cette fois en accord avec ma conscience. Je suis devenue végétarienne. J’ai arrêté la viande en premier, car le déclic avait été plus flagrant que pour le poisson. Quelques mois plus tard, j’ai acheté le livre de Hugo Clément « Comment j’ai arrêté de manger les animaux », qui comme moi, avait eu plus de mal à arrêter le poisson que la viande. Peu de temps après cette lecture, j’ai stoppé totalement ma consommation de poisson. Je vous invite d’ailleurs à le lire rien que pour être conscient de ce que l’Homme fait à la nature et aux autres habitants de cette planète.

Du végétarisme à la remise en question totale

Aujourd’hui, ça fait 2 ans que je ne mange plus du tout de viande ni de poisson. Avec ce que j’ai pu voir pendant mon voyage, j’ai également retiré de ma consommation tous les produits qui me semblent dévastateur pour l’environnement. Et je m’améliore un peu plus chaque jour.

Deux exemples m’ont particulièrement marqué pendant mon voyage :

– Sur l’ile de Sumatra, j’ai vu de mes propres yeux ce que la production d’huile de palme détruit chaque jour. Des Orang-outans ont été abattus en masse parce qu’ils ne voulaient pas quitter leur forêt. Aujourd’hui, une petite partie seulement est sauvegardée par l’Unesco pour protéger les derniers Orangs outans sauvages, qui sont menacés d’extinction. Autour, des champs de palmiers à huile à perte de vue et des vas et vient incessant de gros camions qui, jour et nuit, transportent ces fruits si prisés des industriels. L’Indonésie est le premier producteur mondial d’huile de palme et n’hésite pas à tout raser pour rester sur le podium.

– En Australie, la plus grande barrière de corail du monde est en train de mourir et le gouvernement ne fait rien. (nous y étions en 2016-2017, à l’époque où la barrière de corail a subi une vague de blanchissement d’environ 50% de sa surface)… Pire, il autorise l’exploitation de nouvelles mines à charbon à quelques kilomètres de la barrière.

La liste est longue…

L’heure du bilan

Le végétarisme n’était pour moi que le début d’une grande prise de conscience sur le monde qui m’entoure, sur notre manière de consommer et à laquelle je ne veux plus participer. Ce voyage m’a fait prendre conscience des répercussions que peut avoir ma consommation sur le monde. Que ce soit en amont, avec la production de ce produit, ou en aval, avec les déchets que ce produit va engendrer.

Voilà pourquoi ce blog existe.
Je suis enfin en accord avec moi-même.
Et pas question de revenir en arrière !

2 Comments

  • Bernigaud

    Salut Pamela,
    En lisant ton article je me suis tellement reconnue ! J’ai vécue des expériences similaires lors de mes voyages et la cerise sur le gâteau a été d’oser regarder des vidéos d’abattoir et j’ai stoppé du jour au lendemain.
    Le poisson a mis plus de temps et j’ai réussi a arrêter complètement aussi… A cause de l’impact sur les océans et la pollution…Et cela va faire presque 2 ans…
    Mon mode de vie se résume aussi au tien…a la même philosophie… a ce que tu mets en place chaque jour… Et nos voyages ont contribues a tout ça.
    Merci pour cet article ! Bisous

    • Paméla

      Salut Marie, merci pour ton commentaire !
      Ça fait du bien de sentir que l’on est pas seul dans cette remise en question. Effectivement les voyages aident beaucoup à cette prise de conscience !
      Ravie que cet article t’ai plu 😉
      Bises
      Pamela

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