Travailler un hiver à Mont Tremblant (PVT Canada)
Première destination après Montréal, nous partons travailler un hiver à Mont Tremblant! Faire une saison en station de ski est quelque chose que nous avions envie de tester au moins une fois dans nos vies. Voilà chose faite, et pas n’importe où en plus ! Mont Tremblant est LA station du Québec, très prisée des québécois, mais aussi des ontariens et des américains.
Nous sommes restés 5 mois dans cette partie des Laurentides qui donnent clairement envie de s’y installer. Vivre entouré de nature, voir des biches sur sa terrasse, se sentir loin de tout mais n’être qu’à une 1h30 de Montréal… Mont Tremblant est un lieu idyllique pour les amoureux de la faune, c’est pourquoi le lieu est aussi très prisé.
Cet article est un résumé de tout ce qu’on aurait aimé savoir avant notre arrivée à Mont Tremblant. Il t’aidera à trouver plus facilement les réponses à tes questions si tu souhaites travailler une saison à Mont Tremblant. Donc si tu es un futur pvtiste Canada et que tu veux vivre l’expérience Mont Tremblant… on a qu’une chose a te dire : lis ce qui suit et fonce !
Comment avons nous atterri à Mont Tremblant ?
En vrai, notre aventure à Mont Tremblant a été du pur hasard. On résume un peu la situation : Léo et moi recevons nos PVT en juillet 2019. Nous décidons de partir en juin 2020 pour nous laisser le temps de faire des économies. Mars 2020, Le Covid débarque, notre vol de juin est annulé. Le gouvernement canadien instaure en juillet un laissé passé pour les pvtistes prêts à partir : la promesse d’embauche. Nous recevons une extension de 3 mois pour activer notre PVT au Canada, nous laissant jusque mi-octobre pour décrocher le graal.
Petit stress pour trouver un employeur canadien depuis la France pour cette fameuse « promesse d’embauche ». Mais pas le choix, on veut partir ! Ce papier nous permet de passer les contrôles à l’aéroport et justifier notre voyage, considéré comme « essentiel ».
Début septembre, nous répondons principalement aux offres publiées sur le site des pvtistes.net. Passer par eux nous a permis de mettre toutes les chances de notre côté et cibler directement les employeurs prêt à embaucher des PVT dans ces conditions. Trois jours plus tard, nous recevons un appel de la chaîne de pâtisserie « Queues de Castor » qui recherche du monde pour l’hiver. Cerise sur le gâteau, le gérant accepte de nous prendre tous les deux ! Ni une ni deux, nous acceptons la proposition et 3 semaines plus tard, nous voilà dans l’avion pour Montréal.

Travailler un hiver à Mont Tremblant : comment trouver un job?
Si tu as envie de travailler un hiver à Mont Tremblant, sache qu’il y a de nombreuses opportunités d’emplois dans cette station de ski! De ce que l’on a compris, les employeurs ont un peu de mal à recruter du personnel local et sont donc très friands des Pvtistes, en hiver comme en été. Il y a pas mal de domaines dans lesquelles postuler, jobs qualifiés ou non. Mais si tu privilégies l’expérience d’un hiver à Mont Tremblant plutôt que ta carrière professionnelle, voici une liste non exhaustive des domaines qui recrute facilement là bas :

Travailler pour la montagne de Mont Tremblant
L’employeur qui recrute le plus de monde en période hivernale est naturellement Mont Tremblant lui-même. Entre la billetterie, les magasins de vêtements, les boutiques d’équipements de ski, le service location, le staff sur la montagne et la maintenance du village… C’est plus de 70 personnes qui œuvrent chaque jour pour rendre l’expérience client irréprochable. Les opportunités sont multiples que ce soit dans la vente, relation client ou dans les ski shops (si tu as un peu d’expérience). Pour postuler, rien de très difficile : rendez-vous sur l’onglet emplois et carrières du site de Mont Tremblant.
Être « créateur d’expérience » !
Le job le plus dingue que quelques-uns de nos copains ont eu à la montagne est bien celui de « créateur d’expérience ». Déjà, rien que le nom est stylé. Et franchement on aurait bien aimé faire ce job rien que pour pouvoir mettre ce titre dans nos CVs. À quoi ressemble la journée d’un créateur d’expérience? Et bien à du gros kiff ! En résumé, ces employés sont payés pour skier sur les pistes vertes, parler aux clients, les aider un peu s’ils galèrent et faire la police des masques Covid dans les files de remontées mécaniques. Franchement, qui ne rêve pas d’un job saisonnier pareil?
Travailler dans la restauration
C’est dans ce domaine que nous avons travaillé pendant 5 mois dans la chaîne de pâtisserie « Queues de Castor ». Ce sont des pâtisseries canadiennes ultra célèbres dont les gens raffolent (et un peu de restauration rapide aussi). Il faut dire que c’est vraiment bon ;). L’avantage principal : à la station, il y a beaucoup de restaurants. Et au Canada, les clients donnent presque systématiquement des pourboires (voir explications ci-dessous). C’est donc un bon moyen d’arrondir tes payes et de mettre de côté pour tes futures aventures. Et avantage non négligeable pour nous, la restauration est l’un des seuls domaines qui a pu rester ouvert pendant la pandémie. Malgré des confinements temporaires, nos magasins sont toujours restés ouverts et nous avons travaillé toute la saison, sans interruption.
Alors en période de Covid avec la fermeture des salles à manger, le poste de serveur n’est pas le plus rentable, on va pas se mentir. Mais en temps d’affluence normale, sache que les salaires peuvent monter très haut grâce aux pourboires que laissent les clients.

Les pourboires au Canada
Si tu manges dans un restaurant avec un service à table, sache qu’il faut ajouter un montant minimum de 15% de la valeur de ton addition qui ira à la serveuse. Pourquoi ? Parce qu’ici, les serveurs ont un taux horaire fixe très faible et ce sont les pourboires qui font leurs salaires. En gros, le service n’est pas compris dans l’addition, au contraire de la France.
Si tu vas dans un restaurant de service au comptoir, comme Queues de Castor ou Mc Donald’s, le pourboire n’est pas obligatoire. Mais c’est tellement culturel chez les canadiens que 90% du temps, ils donnent un pourboire (s’ils ont bien été servis bien sûr !).
L’hôtellerie
Qui dit station de ski dit naturellement hôtels! Et des hôtels, il y en a à Tremblant ! De nombreuses opportunités sont donc à saisir dans le domaine de l’hôtellerie comme femme de chambre, femme de ménage, voiturier ou encore réceptionniste (ou plus si tu as de l’expérience dans le domaine).
Les commerces de Saint Jovite
S’il s’avère que tu ne trouves pas un poste au sein du centre de villégiature de Tremblant ou que tu cherches un complément, la petite ville de Saint Jovite regorge également de commerces qui recrutent. Que ce soit les supermarchés, les restaurants ou encore les stations services, le choix est multiple. Et bien que tu ne soies pas pleinement sur la montagne, cela reste une bonne alternative pour profiter des activités hivernales de Tremblant qui sont à peine à 10 km de la ville.
Vivre une saison d’hiver à Mont Tremblant : Trouver un logement
En tant que saisonnier, se loger à Mont Tremblant est le plus gros inconvénient. Primo, les loyers sont très chers et il est presque impossible de vivre seul dans un logement (à moins d’avoir beaucoup d’argent). Secundo, les places libres dans les colocs sont prises d’assaut. Et tertio, les logements peuvent être assez éloignés de la montagne. Vivre une saison d’hiver à Mont Tremblant, oui mais pas à n’importe quel prix. Du coup, on a fait un petit résumé des solutions qui s’offrent à toi en tant que pvtiste moyen en quête d’un logement avec un tarif à peu près correct.

Louer une chambre chez l’habitant
Au Canada, c’est quelque chose qui se fait beaucoup. Des familles, des couples ou des retraités mettent à disposition les chambres inoccupées de leur maison en contrepartie d’un loyer. Cela permet aux propriétaires d’avoir un revenu complémentaire ou aider au remboursement du crédit de la maison. L’avantage principal, c’est que tu es avec des locaux. Ils sont capables de t’aider, répondre à tes questions et de t’en apprendre plus sur la culture. Points négatifs : la différence d’âge avec les propriétaires, une intimité limitée, avoir l’impression de devoir rendre des comptes comme avec ses parents… Et si la cohabitation se passe mal, ça peut vite tourner au cauchemar.
Les loyers tournent généralement entre 500 et 600 $ le mois, ce qui reste correct pour Mont Tremblant.
Pour éviter les déconvenues avec les propriétaires :
– Pose toutes les questions essentielles: fonctionnement de la famille, où est située la chambre, peux-tu fumer, inviter des amis, recevoir du courrier? Quel est la durée du contrat etc…
– Renseigne-toi sur tes droits de locataire chez l’habitant (via internet ou à la police directement).
– Demande une copie écrite des règles du logement au cas où le propriétaire t’ennuie sur un point.
– Rencontrer les gens avant de signer quoi que ce soit. Crois-moi, nous avons eu plusieurs cas d’amis qui se sont retrouvés avec des propriétaires vraiment sans coeur.
– Ne paye rien en avance ! Transfère l’argent seulement quand tu es sûr que cela te convient et que tu as visité le lieu.
Trouver une colocation
C’est la solution la plus cool pour vivre une expérience riche en rencontres, en soirées et se sentir un peu plus chez soi. La colocation permet de voir du monde et de vivre avec des gens ton âge. L’ambiance est généralement décontractée et plus sympa que si tu vis avec tes propriétaires retraités qui guettent derrière la fenêtre pour voir à quelle heure tu rentres le soir (cliché ? je ne crois pas). Plusieurs avantages : partager les dépenses pour les courses peut être avantageux, et pouvoir se servir de temps en temps de la voiture d’un colocataire peut être sympa. Et généralement, les loyers sont les mêmes voire moins chers que pour une chambre chez l’habitant.
Tout dépend du logement et du nombre de colocataire mais les loyers se situent entre 400 et 800$ le mois.
Etre logé par son employeur
C’est rare, mais ça a été notre cas. Notre patron, propriétaire des deux magasins « Queues de Castor » de Tremblant, est également propriétaire d’un condo au pied de la montagne. Et, il a décidé de le mettre à disposition des employés qui n’habitent pas sur place. Nous avions un des loyers des plus bas de notre groupe d’amis et un emplacement 5 étoiles, à 5 minutes à pied de notre travail et des pistes de ski. Le rêve quoi. Nous étions en colocation avec 2 collègues de travail et on a fait de très belles rencontres.
Juste 3 inconvénients : tu risques de ne pas rencontrer de québécois par ce biais là. De plus, on parlait beaucoup trop boulot en dehors des heures de travail. Troisièmement, tu dois quitter le logement dés l’instant où tu quittes le job (à quelques jours près). Mais en vrai, ça ne nous a pas du tout empêcher de kiffer notre saison ici. Et même avec le recul, on avait beaucoup plus de points positifs que négatifs à vivre dans ce logement!

Vivre en auberge
Une bonne alternative si tu aimes la vie en communauté. Mont Tremblant dispose de petites auberges qui se rapprochent des auberges de jeunesse. Tu disposes d’une chambre et les autres lieux de vie comme salle de bain, cuisine et salon sont partagés avec les autres habitants de l’auberge. Une coloc’ mais avec plus de monde quoi. Ces endroits sont un bon moyen de faire des rencontres et d’avoir un pied à terre en arrivant quand tu viens travailler un hiver à Mont Tremblant. Tu peux trouver une autre solution de logement un peu plus tard, quand tu connais mieux l’endroit.
Mais l’auberge peut également être ton logement principal si tu décides de ne rester que le temps d’une saison de travail. Le prix peut être négocié au mois si tu restes longtemps mais semblent plutôt corrects dans l’ensemble.
Prix : dépend de l’auberge | à voir directement sur place
Bilan de ces 5 mois à Tremblant
Pour une année compliquée au niveau mondial avec des restrictions à n’en plus finir, on peut dire que travailler un hiver à Mont Tremblant a été la plus belle chose qu’il pouvait nous arriver en cette période. On s’est senti très chanceux de pouvoir réaliser notre projet de voyage au Canada malgré les complications.
On a pu vivre notre premier hiver canadien dans une station de ski et dans de bonnes conditions. Nous étions en pleine nature, avec des biches qui nous rendaient visite sur notre terrasse. On avait un travail correct et un super logement (on l’a même appelé le condo du bonheur 😉 ). Et surtout, on a fait de superbes rencontres qui nous ont fait du bien! Après une arrivée au Canada confinés, isolés et sans possibilité d’échanger avec les gens, on en avait besoin.
Travailler un hiver à Mont Tremblant nous a également permis d’évoluer à vitesse grand V en ski, et ça c’était vraiment le pied ! Et partant d’un niveau « flocon », je peux te dire qu’il y avait du boulot. On pouvait skier avant d’aller au travail, pendant nos jours de congés et en semaine quand il n’y avait personne… Je n’ai jamais autant skier de toute ma vie et j’ai adoré ça ! Dommage que nous n’avons pas pu vivre l’ambiance des soirées « après-ski », mais ce sera pour une prochaine fois.
Une grosse dédicace à Barbara, Ambre, Florence, Mia, Antoine, Sami, Morgan, Jonas, Corentin, Amélie, Mathilde et Flavie en écrivant cet article, sans qui ces 5 mois n’auraient clairement pas été les mêmes <3.



